La carte de crédit avec paiement sans contact

Ma carte avec nfc sacrifiée aux ciseaux, cutter et ongles pour la science
Ma carte avec nfc sacrifiée aux ciseaux, cutter et ongles pour la science

Cette année Père Noël UBS est venu en avance et m'a proposé de remplacer ma vieille carte de crédit contre non une, mais carrément deux cartes de crédit avec paiement sans contact. Le courrier est bien sûr arrivé avec les larmoiements d'usage sur l'impossibilité de continuer à éditer mon ancienne carte et avec un enthousiasme sans limite sur les fonctionnalités absolument phénoménales que mes nouvelles cartes allaient m'apporter, dont le paiement sans contact.

Pour une consommatrice modérée comme je le suis, qui n'utilise sa carte de crédit que pour des achats extravagants (genre, les billets CFF sur le smartphone), une carte, c'était déjà presque trop. Et me voilà me retrouvant avec deux sur les bras, bien sûr gratuites pour une année ou deux.

La sécurité relative du paiement sans contact

Outre la vente forcée de ces nouvelles cartes car au final, rien n'est gratuit, c'est le paiement sans contact qui m'ennuie furieusement. Non seulement, je n'y vois pas d'utilité, mais je me pose des questions sur les failles de sécurité exploitables et visiblement exploitées. L'émission ABE du 18 novembre 2014 en fait une petite démonstration édifiante (voir l'extrait de 3'20'' à 4'45'').

L'application Banking card reader en action
L'application Banking card reader en action

D'un naturel curieux, j'ai téléchargé une application smartphone pouvant lire ma carte de crédit par NFC (near field communication), la technologie qui permet le paiement sans contact. Diable ! Moi qui ai toujours rêvé de jouer dans un James Bond, je m'y crois presque (mes bras étant aussi gros que des cuisses de top-model, je me vois comme assistante de Q pour les gadgets, n'est-ce pas, pas comme James Bond girl). En moins d'une seconde, mon téléphone appliqué à ma nouvelle carte de crédit couverte d'un tissu me révèle diverses informations utiles à une personne mal-intentionnée.

Comment se débarrasser du paiement sans contact de sa carte de crédit ?

Certes, plus besoin de taper son PIN, même plus besoin de sortir sa carte de son porte-monnaie pour payer un petit achat de moins de 40 CHF, cela séduit certainement de nombreux utilisateurs du NFC.

Pour les sceptiques, les ringards, ou les paranos (ou tout cela à la fois, comme moi-même), j'ai pris le téléphone et la souris pour savoir comment je pouvais utiliser ma carte de crédit comme "avant" l'ère du paiement sans contact.

Obtenir une nouvelle carte de crédit sans le NFC

L'aimable responsable au service clientèle d'UBS me répond avec perplexité qu'il n'est pas possible d'obtenir une carte de crédit sans le paiement sans contact, et il ignore si un concurrent propose ce genre de produit. Impasse complète, vous pouvez oublier. C'est comme si je cherchais à acheter une vidéocassette VHS pour visionner Avatar.

Demander de désactiver le paiement sans contact

La collaboratrice du service clientèle UBS à l'accent délicieusement fédéral me demande en quoi est faite ma carte de crédit. Ben, en plastique ? Ah alors, là, non, ça ne joue pas, il existe d'autres cartes pour lesquelles il est possible de désactiver le NFC, mais celle en ma possession non. Faudra faire avec ma petite dame. Et pourtant, en France, certaines banques permettent de désactiver le paiement sans contact (mais cela n'empêche pas le vol d'informations), voire de commander une carte sans puce NFC.

Mutiler l'antenne NFC

Certains consommateurs qui n'ont pas froids aux yeux se réfèrent à la marche à suivre pour rendre la puce NFC complètement muette en coupant son antenne. J'ai pensé tenter la procédure sur ma deuxième-carte-offerte pour le fun et pour la science, mais malgré une lampe torche qui peut illuminer la lune, rien à faire : ma carte est opaque, et donc impossible de répérer la fameuse antenne à couper.

Comment protéger sa carte avec un étui anti-NFC

Du plus chic au plus bricolé, voici un petit tour d'horizon d'étuis anti-piratage de données stockées sur votre carte de crédit avec paiement sans contact.

Le porte-cartes et monnaie design en aluminium

Divers marques et prix se trouvent sur les boutiques en ligne vendant des portes-cartes protégeant de la lecture par RFID (la radio-identification, la NFC n'est qu'une application parmi d'autres de cette technologie). Un nom semble sortir du lot pour la qualité : Ögon. A 40 CHF la boîte en alu, je me demande si elle ne ferait pas également chaufferette pour l'hiver... Mon porte-monnaie actuel tombant en lambeau, j'hésite avec le modèle plus fin de secrid, mais se pose ensuite le problème de la monnaie.

La pochette de protection RFID

Pour celles et ceux qui souhaitent conserver leur porte-monnaie classique, il existe de nombreuses pochettes protégeant d'un accès RFID. La boutique epiguard en Suisse en propose différents formats (pour les passeports contenant une puce RFID  aussi), et je suis séduite par cette solution peu encombrante à moindre frais (7.50 CHF, avec prix dégressif selon la quantité).

Porte-monnaie en brique de jus d'orange
Porte-monnaie en brique de jus d'orange

Les étuis maisons

Début décembre, je me fabriquais plusieurs porte-monnaies en briques de lait ou de jus d'orange, à tout hasard en prévision de Noël. Une clairvoyance soudaine m'est survenue lors d'un de ces bricolages : une fine couche d'aluminium entre dans la composition du tetrapak.

De suite, je teste l'application de mon smartphone lisant les cartes avec le NFC. Ô joie, mon téléphone est aveugle lorsque ma carte de crédit loge à l'intérieur de son étui maison.

Mais je ne crie pas victoire avant de tester mon porte-monnaie de récup directement à une caisse d'un supermarché équipé de lecteur NFC qui est potentiellement plus sensible. La caissière étant curieuse et de bonne humeur, je peux prendre le temps de faire plusieurs tests sous le regard amusé des clients suivants. Et là aussi, bingo ! L'étui protecteur fait son office.

Papy21 et Mamie21 m'ont offert un étui anti-NFC fabriqué maison à base de carton et d'aluminium et là également, mon smartphone est incapable d'extraire les informations de ma carte de crédit.

Pourquoi le forcing des cartes avec paiement sans contact ?

C'est en allant récemment au zoo de la Garenne et en y remarquant le nouveau terminal permettant le paiement sans contact que l'évidence m'a frappée : tous les commerces devront tôt ou tard renouveler leur matériel de paiement par carte pour être compatible avec le NFC. Non seulement par économie d'échelle, il est bien plus rentable de proposer un produit unique, mais un tel nouveau produit nourrit toute la chaîne : émetteur de carte, institution bancaire, fabricant de terminaux de paiement, et tous leurs intermédiaires... Au final, c'est bien sûr le consommateur qui paiera, pour une fonctionnalité qu'il n'a jamais réclamée. Par un aperçu du coût de l'argent plastique pour un commerçant suisse, il est possible de s'imaginer l'enjeu pécuniaire de ces nouvelles cartes.

La dématérialisation des transactions me déconnecte avec le montant de la dépense : je ne ressens pas la même chose si je consomme pour 200.- au marché avec mes billets que lorsque je paie ce même montant à la caisse du supermarché avec ma carte de débit. La carte avec paiement sans contact pousse encore plus loin la dématérialisation de l'argent : on peut acheter plus vite et de manière presque intangible. Psychologiquement, je serais tentée d'acheter plus ou plus fréquemment. Peut-être est-ce un moyen vicieux de relancer la consommation des ménages et la croissance ? Fichtre, je crois que je vire décroissante.

[Edit 02.03.2015

Voir l'article NFC : banques et émetteurs perdent le contact

]

Lire la suite

Le littering

Le littering, c'est le fait de jeter ses déchets dans l'espace public, partout sauf dans une poubelle. Même si celle-ci est à moins de 6 pas.

Je n'aurais jamais cru que notre belle Suisse pouvait devenir victime de ce genre d'incivilités. Pire, le phénomène a frappé à notre porte : Monsieur21 en a été témoin juste sous sa fenêtre l'autre jour, lorsqu'un jeune du quartier a fait éclater des ballons de baudruche sans en rammasser les éclats.

Petit interlude introductif, saynète d'une banlieue de l'agglomération lausannoise

Monsieur21 outré : "Hééé, gamin ! T'as pas oublié quelque chose par terre là ?"

Le gamin qui s'en allait déjà : "Hein ? Aaah, euh oui m'sieur, j'r'masse toudsuite m'sieur !"

A peine dépassé le coin du bâtiment, le gosse en question lâche ses déchets par terre.

Monsieur21 par une autre fenêtre un peu plus loin : "Héééééé, GAMIN ! Tu crois que je t'ai pas vu ! Tu reprends ça tout de suite et tu mets ça dans une poubelle !"

Et voilà comment, après une jeunesse rebelle et clope-au-bec, les petits hasards de la vie font que Monsieur21 se retrouve taggé de sale con-servateur.

Les raisons du littering

Affiche de l'IGSU
Affiche de l'IGSU pour lutter contre le littering

A la première place sur le podium des causes du littering, c'est le manque d'éducation à mon avis. La phrase magique est ici : les déchets vont à la poubelle.
C'est magique parce que ça marche même à la maison, où généralement les habitants ne laissent pas traîner des déchets sur le parquet ou le carrelage, sauf si vous avez des amis qui ont le syndrome de Diogène (trouble dont l'un des symptômes est d'accumuler les déchets et la saleté chez soi), ce qui devrait être assez rare (mais pas trop rare quand même pour que cela donne assez de matière à l'émission de télé-réalité C'est du propre sur M6).

A la deuxième place, c'est le raccourci bien arrangeant "les nettoyeurs vont ramasser de toute façon". Pour ceux qui ont encore une conscience, c'est drôlement pratique, cela permet de se refaire un karma limpide le lendemain. Mieux encore : ce déchet sur le sol donne un sens au travail du personnel de nettoyage.
Fichtre, le littering est donc un acte qui flirte avec l'altruisme : concierges, techniciens de surface ! Vous pouvez arrêter de faire les rabat-joies ingrats !

En dernière position, je suppose une déconnexion entre notre environnement extérieur et nous-même, qui nous permet de se détacher et jeter. Les campagnes d'affichages de l'IGSU (communauté d'intérêt pour un monde propre) tente de rétablir cette connexion perdue par des images chocs.

L'accroissement du littering

Mise à part l'ire tout à fait justifiée de Monsieur21, il faut savoir que le phénomène prend assez d'ampleur pour que nos autorités appliquent des mesures plus ou moins ludiques. Et pourquoi cette sensibilisation citoyenne se propage-t-elle aujourd'hui ? Car le littering a un coût certain : dans les communes, sur les ~100.- consacrés au nettoyage par personne par an, 20.- reviennent au nettoyage du littering (Le littering a un coût, p. 44). Au niveau Suisse, le montant estimé avoisine les 150 millions pour les espaces publics et 50 millions pour les réseaux de transports publics.

Les conséquences du littering

Je ne sais pas pour vous, mais moi, quand je fais la touriste dans un autre pays, et qu'il sent mauvais ou qu'il est sale, ça ne me donne pas envie d'y retourner.
Et pour le pays où on habite, c'est pareil, non ? Sentiment d'insécurité ou détérioration de la qualité de vie... c'est certain, quand je vois des déchets traîner partout dans la rue, ça me démange de jouer la mégère aigrie qui sermonne la populace mal élevée...

Campagne Nourrissez les poubelles à Lausanne

Quelques actions contre le littering

A Lausanne, des poubelles qui rôtent ont vu le jour avec la campagne Nourrissez les poubelles !
J'ai trouvé l'idée complètement idiote jusqu'au jour où une collègue m'a révélée que ses neveux adoraient ces poubelles qui parlent et ramassaient tous les déchets aux alentours pour les nourrir...

A Gland, une campagne Gland n'est pas une poubelle a inspiré ses citoyens.

A Préverenges, le nettoyage de la Plage est le rendez-vous annuel des habitants engagés.

Et ailleurs en Suisse, l'IGSU encourage les initiatives ponctuelles et les recense en images.

Pour en savoir plus

 

Lire la suite

La caisse maladie publique : épisode 2

Suite de l'épisode 1...

Une votation biaisée

Non à la caisse publique
Non à la caisse publique

Je ne parlerai pas des 5 millions dépensés pour la campagne des opposants à la Caisse publique. Les initiants et leurs 200 petites patates peuvent aller se rhabiller.

Je ne parlerai pas non plus des propos alarmistes des opposants à la caisse publique (c'est la fin de notre système de santé ! on va tous mourir ! ou pire : on va avoir un système de santé à la française...).

Pour une fois, je suis très réaliste et en raison d'une "erreur" de traduction en allemand, les Suisses de l'autre côté de la Sarine vont dire non car ils votent sur un texte fondamentalement différent : LES primeS fixées par canton deviennent UNE prime UNIQUE fixée par canton. Le PDC, le parti des familles, s'en est ému et en a fait son cheval de bataille, vu qu'une seule prime induit la disparition des primes basses pour les enfants.

La caisse publique... pas encore née et déjà enterrée.

Une morte

La Lamal part d'une intention de solidarité : jeune-vieux, homme-femme, malade-bien portant. Nous payons la même prime basée sur les critères suivants uniquement : la région, l'âge, la franchise et le modèle choisi (ordinaire, HMO, médecin de famille etc.). Par ex. La femme ou l'homme à tout faire d'un couple richissime qui habite dans la même région que ses employeurs paiera la même prime que sa patronne du même âge. Quel que soit son salaire, sa situation familiale et sa santé générale.

Le principe de l'assurance maladie sociale me parle bien : même si je n'utilise pas du tout mon assurance maladie, d'autres en profitent : les malades, les vieux... et un jour, ce sera peut-être mon tour (ou celui de personnes proches) d'être grabataire !

La force d’une société se mesure à sa capacité de s’occuper des plus faibles.
I. Cassis, conseiller national PLR

D'un point de vue socialiste, ce n'est pas très juste que la nana plein aux as sans enfants paie la même chose que sa voisine avec sa floppée de marmots sans aide sociale. Le PS a voulu corriger cela en proposant en votation 2007 une caisse maladie unique et sociale où les primes seraient en relation avec les revenus. Les Suisses n'en n'ont pas voulu. Temps présent a enquêté sur cette histoire et nous révèle en 2011 comment on a tué la caisse unique.

De l'argent... beaucoup beaucoup d'argent

Un peu de raisonnement logique

Hypothèses :

J'en conclus qu'une caisse maladie a un intérêt financier à faire la chasse aux bons risques. Mais... où va donc l'argent économisé avec les bons risques ? Dans sa réserve comptable...

Si un assureur enregistre des recettes supérieures aux dépenses pendant une année, la différence est inscrite dans le compte des réserves.
Santésuisse, les réserves dans l'assurance obligatoire des soins

Or c'est là que le bât blesse : si une réserve minimale est dictée par la loi, il n'y a pas de limite maximale. Alors les réserves s'accumulent chaque année.
En résumé, les caisses se constituent des réserves phénoménales sur le dos des assurés (vaudois) et ne veulent pas nous rendre cet argent qui nous appartient.

Le remboursement des primes payées en trop : l'escroquerie continue

Dans ces fameuses réserves dorment les 600 millions payés en trop par les Vaudois de 1996 à 2011. Une bagatelle. Des fois, je trouve qu'on chipote et râle pour pas grand chose au Pays de Vaud. Les Genevois dans la même situation voulaient carrément faire preuve de désobéissance citoyenne en refusant de contribuer à la péréquation fédérale, tss tss tss, sacrés Genevois !

Sur les 2 milliards de primes payées en trop par tous les cantons lésés, 800 millions seront remboursées à partir de 2015.

Mais ??? et les 1.2 milliards qui restent ? Et bien... que pouic !

Ce qui me ravit le plus dans cette histoire rocambolesque, c'est que le remboursement de ces 800 millions est divisé en 3 :

  1. 1/3 sera récupéré de manière directe par les assurés des cantons lésés
  2. 1/3 sera redistribué via les réserves des caisses OU par une augmentation des primes (=nos primes futures  donc)
  3. 1/3 sera payé par la Confédération (= nos impôts donc), car c'est clairement elle, la fautive, si elle n'a pas fait la police correctement

Comment gagner de l'argent avec un mandat fédéral qui l'interdit

N'est-ce pas bizarre de dépenser autant d'argent et d'énergie pour un produit (l'assurance obligatoire de soins) qui ne permet pas de faire de bénéfice ? Pour une entreprise à but lucratif (la caisse maladie), pourquoi cet intérêt pour une activité censée être altruiste ?

Je vois plusieurs pistes possibles :

  • des collaborateurs affectés au traitement administratif de la Lamal peuvent également faire le même boulot pour les assurances maladies privées (natura, denta, mondodada, etc.) : le delta de formation ne doit pas être très conséquent  => schling schling $$$
  • le salaire de ces collaborateurs et des cadres ou du conseil d'administration n'est pas forcément ventilé correctement, et il se peut que des frais qui devraient être affectés côté assurance privée soient ventilés côté Lamal, c'est censé être interdit, mais si y a personne pour vérifier... => schling schling schling $$$$ pour le business privé
  • les assurés de la Lamal sont de bonnes proies pour du démarchage pour des assurances privées, et on contactera bien sûr les gens en bonne santé : facile, ce sont ceux qui se font peu rembourser... (votre dossier médical devrait être confidentiel ? rooooh, vous êtes un rabat-joie pas du tout libéral...) => schling schling $$$

Les raisons des opposants à la caisse publique

  1. "Je veux garder la liberté de choisir ma caisse maladie."
    Si je peux comprendre que la liberté est un composant essentiel au bonheur, je vois mal pourquoi il faut absolument l'appliquer dans le domaine de l'assurance obligatoire des soins. Au vu des dysfonctionnements connus, j'ai l'impression qu'on y gagnerait à renoncer à cette liberté, plutôt que de continuer à se faire avoir, année après année.
  2. "Je ne  veux pas d'une étatisation de la santé / l'Etat a déjà bien assez de boulot !"
    Si les caisses maladies respectaient la loi et leurs assurés (au lieu des les voler, cf l'escroquerie du remboursement des primes), il n'y aurait pas besoin de l'intervention de l'Etat.
  3. "Je ne veux pas d'une usine à gaz."C'est une peur de l'inconnu. L'AVS (4 mio de cotisants), ou la SUVA (2 mio d'assurés) connaissent diverses critiques mais je n'ai jamais entendu celle d'être une usine à gaz. Dommage de voter sur cette peur-là.
  4. "Je ne veux pas perdre mon médecin."
    C'est une extrapolation infondée de la votation qui ne vise qu'à remplacer 60 caisses par une seule. Tout le reste du système de santé suisse ne va pas changer.
  5. "Cette caisse publique ne va pas faire baisser les primes."
    Peut-être bien, vu que les primes doivent suivre les coûts de la santé et que ces derniers augmentent. Mais au moins, la caisse publique ne gardera pas nos réserves en otage et nous, assurés, aurons enfin un représentant à l'intérieur de ce système.

Pour en savoir plus

Lire la suite

La caisse maladie publique : épisode 1

Oui à la caisse publique
Oui à la caisse publique

Pour faire simple dans ce débat passionné à propos de la caisse maladie publique soumise au vote du 28 septembre 2014 au peuple suisse, je vous fais un résumé en 2 lignes :

  1. si vous êtes pour le principe de la Lamal (assurance des soins sociale obligatoire pour tous, avec un catalogue identique pour toute la Suisse), votez Oui à la caisse publique ;
  2. si vous préférez que le système de santé continue d'être schizophrène et pas solidaire (concurrentiel mais pas trop quand même), votez Non à la caisse publique.

Oups, vous trouvez que je ne suis pas très objective ? Pas de souci, les arguments factuels pour et contre se trouvent plus bas dans cet article.

Mais c'te Caisse publique, c'est quoi au juste ?

Imaginez que vous allez à un festival de musique, genre Paléo. Vous payez votre billet d'entrée, vous consommez une saucisse-frites en écoutant de la musique. A ce festival un peu particulier, vous ne réglez pas l'addition directement au stand mais à une des 60 caisses éparpillées sur le festival. Chaque caisse est gérée par une entreprise privée différente qui n'a pas le droit de faire de bénéfice sur la nourriture que vous avez engloutie, mais elle peut vendre et se faire de l'argent sur des tasses, des t-shirts et autres gadgets.

Imaginez qu'un jour, les organisateurs du festival décident de reprendre la gestion du flux financier relatif à la nourriture et de remplacer les 60 caisses différentes par une seule caisse centralisée qui aurait bien sûr des sous-caisses disséminées sur l'ensemble du festival. Les 60 entreprises à qui on a amputé la gestion SANS BUT LUCRATIF de la nourriture ont la possibilité de continuer à vendre leurs babioles.

Mise à part cette centralisation, les responsables ne font aucun changement : la musique est de qualité, les festivaliers ont toujours la liberté de choisir leur stand de nourriture (chinois ou traditionnel), les enfants paient un billet d'entrée à prix réduit...

Cette parabole n'a pas l'ambition de retraduire avec exactitude notre système de santé suisse ni le texte de l'initiative pour une Caisse publique. Je veux juste illustrer le seul changement essentiel à comprendre sur le principe de la Caisse publique : le remplacement de 60 entreprises à but lucratif chargées d'une tâche à but non lucratif par une seule, créée par ceux-là même qui édictent le règlement interne du festival.

Pourquoi je vote Oui à la caisse publique

Marre de me faire tondre

Dans le principe de la Lamal, les primes doivent couvrir uniquement :

  1. les coûts de la santé du catalogue Lamal
  2. les frais administratifs y relatifs : salaires, loyers, équipement, publicité (!)

Les primes sont calculées sur des prévisions statistiques sur l'année à venir et devraient être corrigées à la baisse si les coûts effectifs s'avèrent moins hauts que prévu.

  • Sachant qu'entre 1996 et 2011, les Vaudois ont payé 600 millions en trop de primes par rapport au coût réel de la santé ;
  • sachant qu'on ne nous remboursera que la moitié après le tollé populaire sur ce scandale et la tenacité de notre conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard;
  • sachant que je ne trouve aucune information sur le sort de ces 600 mio pendant toutes ces années... j'ai comme une impression de quenelle épaulée.

Marre du refoulement des mauvais risques

Le refoulement des mauvais risques est interdit dans la Lamal car toute caisse est obligée d'accepter n'importe quel assuré.

Mais comme le montre la fascinante 'émission Temps présent Assurance maladie : des comptes à régler (à voir absolument !), et les nombreux témoignages que récoltent l'AVIVO ou la FRC, les assureurs rivalisent d'ingéniosité pour rendre la rampe de l'affiliation Lamal bien savonneuse...  oui, leur porte est ouverte à tous, mais faut-il encore arriver en haut de la pente...

Marre d'une pseudo-concurrence

Mes parents font partie des mauvais risques : retraités après toute une vie de dur labeur en usine, ils ont une santé bien entamée par la guerre, le travail physique et les enfants. Ils ont une franchise à 300CHF, ils attachent d'une parole divine tout ce qui tient un stéthoscope, et ils avalent des anti-douleurs et pilules comme des bonbons.

Après des décennies dans la même caisse maladie, je leur ai suggéré de prendre une moins chère pour l'assurance de base. Ils ont commencé par refuser car ils craignaient de perdre leur assurances complémentaires.

Combien de personnes sont dans le cas de mes parents, intrinsèquement fidèles et ayant peur d'un changement chez un nouvel assureur ? Combien sont ceux qui n'arrivent pas en raison de leur âge ou leur maladie à changer de caisse quand bien même ils le souhaitent ?

La réponse est en partie là : "En moyenne, 6 à 12% des assurés ont changé d’assurance-maladie par année entre 2010 et 2012.[...]" selon l'OFSP.

Une caisse maladie reçoit une somme de la part des autres caisses si elle contient des assurés plus coûteux que la moyenne cantonale, c'est la fameuse Compensation des risques censée éviter que les caisses savonnent trop la rampe de leur entrée principale.

Quand env. 90% des clients ne changent pas de fournisseur, peut-on encore parler de concurrence ?
Quand les caisses reçoivent des subsides par la Compensation des risques, peut-on encore parler de concurrence ?

Marre de changer d'assureur chaque année

Je fais partie des bons risques : je prends une franchise à 2500CHF, j'ai horreur des médecins et de tout ce qui porte une blouse blanche, je me méfie de tout médicament sauf si je suis à l'article de la mort.

Pour moi, devoir changer d'assureur maladie chaque automne est une corvée dont je me passerais bien : comparer sur priminfo (abstenez-vous d'aller chez comparis !), résilier ici, s'affilier là-bas, refaire les LSV ou les ordres permanents, recevoir de la pub ou des bons de rabais pour un ordinateur, chez la pharmacie untel ou pour un équipement x... beaucoup de paperasse et de superflu pour une assurance que je n'utilise jamais.

Bien sûr, personne ne m'oblige à changer de caisse chaque année. Mais comme entre 10 et 33% du budget familial de la classe moyenne est consacrée aux primes maladies (env. 900CHF/mois pour une famille avec 2 enfants), ça fait réfléchir sur le prix de la flemmardise...

Marre de la pub et du démarchage déguisé

Cet été, un costard-cravate a sonné à ma porte.

[LUI] : Bonjour madame, je m'appelle Nicolas Blanc (ou Henri Dunant, ou quelque chose du style), je viens vous parler des primes maladie payées en trop, je fais des relevés statistiques à ce propos. Vous savez quel est le montant de votre prime ?

[MOI] : euh non pas exactement, mais j'ai la moins chère.

[LUI] : Montrez-moi votre police, je vais vous dire tout de suite si c'est la moins chère ou pas.

[MOI] : non, mais je ne l'ai pas, je fais tout par internet, la police est en ligne.

[LUI] : pas de souci Madame, allez l'imprimer,  je vous attends.

[Moi, réalisant que mes données pouvaient être utilisées à mon insu] : non mais je ne vais pas vous la montrer. Et puis, vous travaillez pour qui déjà ?

[LUI] : Je travaille pour la Fedmalheuhmgml qui regroupe plusieurs assureurs maladie. Je peux vous assurer que je suis totalement indépendant, et je peux vous aider à économiser sur vos primes maladies. Quelles complémentaires vous avez ?

[MOI] : Aucune.

[LUI, réellement étonné] : Quoi ?! Mais Madame, il faut vous assurer ! Vous ne savez jamais ce qui peut vous arriver demain, et patati et patata...

[MOI] : mais si je prends une complémentaire, je vais me rajouter des frais que je n'ai pas là...

[LUI] : oui, mais je peux vous trouver une assurance moins chère pour la base !

[MOI, en refermant la porte] : non, merci-au-revoir ! ... Trop fort ces démarcheurs-statisticiens !

Analyse objective de la votation Caisse publique

Comme promis et pour récompenser les courageux lecteurs qui sont parvenus jusqu'ici,  voici une présentation qui se veut balancée et sans parti pris.

Faiblesses du système actuel avec 60 caisses maladie

  • Chasse aux bons risques
  • Pas de séparation comptable claire entre assurance de base sociale et assurance complémentaire
  • Concurrence n'a pas d'influence sur les primes
  • Trop de choix (caisse, franchise, modèle)
  • L'OFSP a pour but d'éviter la faillite d'une caisse, pas de vérifier que les primes sont bien en adéquation avec le coût réel de la santé
  • Contrôle des primes a posteriori en 2012 seulement (après qu'on a maillé un bon coup)
  • Pas de prévention santé par les caisses

Forces

  • Liberté de choix d'une caisse
  • Caisses jamais déficitaires grâce aux réserves, et à la hausse des primes
  • Recherche de l'efficacité de la part des caisses
  • Traque des abus (prestataires) et des sources de coûts (malades chroniques) par les caisses

Risques de la Caisse publique

  • Monstre étatique peu efficace
  • Aucune définition concrète du fonctionnement (y aura-t-il encore des franchises, des modèles alternatifs ?)
  • Coût de mise en place
  • Conflit d'intérêt (assurés, prestataires, Etat) lors la fixation des primes

Points positifs de la Caisse publique

  • Transparence sur l'utilisation des primes
  • Séparation nette base <> complémentaire
  • Fini la publicité !
  • Plus besoin de changer de caisse chaque année
  • Fini les obstacles d'affiliation pour les mauvais risques
  • Bon taux de solvabilité

Episode 2

Une petite mise en bouche pour la suite de cet article : il y aura un mort, de l'argent et du sexe. Quoique, du sexe peut-être pas... qu'est-ce qu'il ne faut pas écrire pour être lu ! :-)

Lire la suite

Choisir un vélo d’occasion pour enfant

Avec les frimas qui se dissipent enfin pour laisser la place aux beaux jours, nous nous lançons dans une activité que nous pouvons faire en famille : la balade en vélo.

Quelques enfants à vélo
Cadet21 et ses copines à vélo

En croisant par hasard un ami21 portant un vélo destiné à son petit de 4 ans, je m'étonnais de la taille de l'engin choisi. C'est après coup que je me suis rendue compte qu'il n'était pas simple de savoir quel vélo acheter si on ne passait pas par un spécialiste.

Comment choisir la bonne taille de vélo ?

Heureusement pour nous, Internet pallie nos innombrables lacunes, et certains sites sont plein de bons conseils. Je trouve ceux de comprendrechoisir.com assez pertinents, particulièrement en ce qui concerne la taille du vélo.

Ce qui a bien marché pour nos enfants :

  1. la draisienne 12'' dès 2 ans
  2. un petit vélo 12'' avec pédales et torpédo mais sans les petites roues dès 3-4 ans
  3. un vélo 16'' sans vitesse mais avec freins à main dès 4-5 ans
  4. un vélo 20'' avec vitesses et freins à mains dès 5-6 ans

Les points importants :

  • Il semble judicieux de passer d'une draisienne à un vélo à pédales ayant exactement la même taille : cela permet au petit de se tenir debout en étant à l'aise à l'arrêt et de n'avoir à se concentrer que sur l'apprentissage du pédalage ;
  • Pour les enfants qui ont acquis le sens de l'équilibre avec la draisienne, il est préférable de laisser tomber l'étape "petites roues" et de passer directement à un vélo à pédales à 2 roues : l'apprentissage est l'affaire de quelques heures (et quelques frayeurs aussi : j'avoue le plus gros accident que j'ai eu ces 10 dernières années a été lors d'une leçon de vélo avec Cadet21) ;
  • Un bon casque à vélo s'impose à tout âge (et particulièrement au mien - je me suis vraiment fait mal lors de cet accident de vélo avec Cadet21, le pire, c'est que j'étais à pied...) ;
  • Le système torpédo permet de freiner en pédalant en arrière : très efficace rapidement, on craint moins les descentes avec notre petit bolide en herbe (par contre, cela ne nous évite pas de nous égosiller "PEDALE EN ARRIÈRE, EN ARRIÈÈÈÈÈRRRE !!!) ;
  • Vers 5 ans, les mains du petit cycliste commencent à être assez grandes et fortes pour que le freinage avec les mains donne un résultat ;

Acheter un vélo d'occasion

Il n'est pas rare de faire une bonne affaire sur les vélos d'enfants en occasion car ils grandissent si vite que les vélos sont généralement peu usés (sauf s'ils ont servis pour une fratrie nombreuse).

Il y a beaucoup de pistes pour trouver un vélo d'occasion :

Avant de passer à l'acte d'achat, il est prudent de faire quelques vérifications rapides. Si vous êtes comme moi une totale nulle en vélo, les deux critères de base me semblent un strict minimum : est-ce que le vélo roule bien quand on appuie sur les pédales et est-ce que ça freine bien quand on presse les freins ?

Pour les plus consciencieux, vous pouvez passer en revue la check-list de Pro Vélo.

Lire la suite