Bonnes pratiques du télétravail

Madame21 : exemple à ne pas suivre pour le télétravail.
Madame21 montre l'exemple à ne pas suivre pour le télétravail.

J'ai la chance d'avoir un métier qui permet le télétravail que je pratique depuis 5 ans maintenant. Après une période comme indépendante, je suis actuellement salariée de deux organisations différentes et je télétravaille pour mes deux employeurs.

Il y a une dizaine d'années, j'avais été choisie comme cobaye suite à une opération du genou me forçant aux béquilles et à rester à la maison pour plusieurs mois : l'administration cantonale se tâtait pour la mise en place du télétravail et des tests grandeur nature devaient avoir lieu.

Loin de moi l'idée que de m'auto-proclamer le chantre du télétravail, mais de ces différentes expériences passées et de mon vécu actuel, je peux partager différents constats qui pourraient être utiles à ceux qui se lancent.

Les conseils pour du télétravail à la maison

Avoir du bon matériel

Cela peut paraître bête comme chou, mais pour bien travailler, il faut avoir un matériel adéquat et donc investir dans une chaise ergonomique, et des outils de qualité (dans mon métier, il s'agira d'un écran, d'un bon ordinateur).

Avoir un lieu dédié au télétravail

Là également, c'est du bon sens. Il faut s'aménager un espace réservé uniquement au travail, où on peut s'isoler pour converser avec clients et partenaires sans avoir des cris d'enfants en arrière plan. Pour les petits, c'est également beaucoup plus simple : on ferme la porte et on met un petit mot "Maman/Papa travaille".

Se préparer pour aller au télétravail

Se lever, se doucher, se coiffer, s'habiller... comme si on allait au travail, sauf qu'on reste à la maison. Etrange ? Non, tout ce rituel permet de se mettre dans le bon état d'esprit, de bien se réveiller et d'accorder son intérieur (je me mets à travailler) avec son extérieur (je suis en habit "de travail").

Avoir une solution pour téléphoner sans limitation

Vu qu'on ne croise plus les collègues au coin café, il est utile d'échanger de vive voix sans le souci de l'heure qui tourne. Un abonnement illimité est une bonne idée. Ou alors, vous demandez un téléphone professionnel, mais s'il ne sert qu'à téléphoner ou recevoir des sms, mieux vaut fouiller dans vos tiroirs pour ressusciter un vieil appareil encore fonctionnel. Selon les métiers de vos interlocuteurs, ils n'ont pas forcément la possibilité d'avoir des logiciels de téléphonie par internet : le téléphone portable ou fixe reste encore le meilleur outil pour joindre et être joint.

Mettre en place des outils de partage et de communication

Il y a actuellement une bonne quantité d'offres gratuites ou non de services en ligne pour partager ses fichiers, son agenda, ou son écran. Je n'ai de loin pas exploité toutes les possibilités de google App, skype, dropbox, basecamp et consors. Toutefois, mettre des documents sur internet n'est pas anodin, comme le rappelle la FRC dans son article Gros temps sur les clouds.

Noter ses heures de travail

En tant qu'indépendant ou entrepreneur, il est très utile voire essentiel de savoir combien d'heures ont été consommées sur un certain projet ou pour un client donné. Cela permet ensuite d'avoir des métriques pour établir la prochaine offre, ou faire un budget prévisionnel. J'ai gardé la même rigueur même si je ne suis plus qu'une simple salariée et que le travail a moins de sens comptabilisé en heures qu'en objectifs à atteindre. Ce décompte d'heures permet toutefois de constater les dépassements ou les creux, et de réagir en conséquence (en prenant des vacances pour éviter le surmenage ou au contraire en boostant le travail le soir ou le week-end pour rattraper un retard).

Rencontrer ou appeler ses interlocuteurs

Il est essentiel pour établir une relation de confiance, pour se coordonner ou pour régler des problèmes de faire des séances avec ses collègues, ses clients, ses mandataires et toute autre personne qui intervient dans votre vie professionnelle. Dès que les choses dérapent et passent à l'émotionnel, un appel en attendant la séance résoudra bien mieux une situation délicate qu'un mail échaudé où le nombre de destinataires en CC voire en BCC a explosé.

Se construire une nouvelle vie sociale

Malgré les séances de travail aux bureaux, je n'ai pas l'occasion de beaucoup approfondir les relations avec les collègues. Le télétravail isole socialement et il faut prendre des mesures avant de déprimer quand on commence à parler avec sa tasse de café. Je pense qu'il est important d'avoir du temps libre consacré à une vie associative ou politique ou toute autre forme d'organisation permettant de rencontrer du monde et d'échanger.

Se (re)mettre au sport

La distance entre ma chambre à coucher et mon bureau étant très exactement de 16m23, même en passant par la salle de bain entre deux pour me réveiller, il est évident que le nombre de pas ne suffit pas à atteindre la quantité d'exercice physique requise pour rester en forme. Pour faire une pierre deux coups par rapport au conseil de se construire une vie sociale en dehors du travail, il peut être intéressant de se trouver une activité sportive d'équipe.

Manger bouger

Une bonne hygiène de vie reste nécessaire : s'aérer la tête et les poumons en allant faire une balade d'au moins une demi-heure par jour, éviter de rester plus d'une heure assis sans bouger devant son écran, se préparer un repas équilibré car il n'y a plus d'assiette d'entreprise Fourchette verte...

Pour celles et ceux qui comme moi ont besoin d'optimiser les choses, il est possible de se forcer un peu, par ex. :

  • profiter de la balade pour aller poster une lettre, acheter du pain ou acheter du désinfectant à la pharmacie (ce qui me fait remarquer que nous avons 4-5 bouteilles de désinfectants dans notre armoire...)
  • prendre des mini-pauses d'une ou deux minutes pour se lever et aller boire un verre, se préparer un café ou aérer en ouvrant toutes les fenêtres
  • suivre les conseils du Dr. Pauli pour moins s'asseoir

Les avantages du télétravail

  • La flexibilité des horaires : je peux prendre une longue dans l'après-midi pour accueillir les enfants lorsqu'ils rentrent de l'école puis reprendre mon travail le soir dès qu'ils sont couchés ;
  • L'économie en temps sur les trajets : logeant un peu en périphérie, je gagne 1h30-2h par jour, pour un taux de 80% cela fait donc facilement 5h par semaine d'économisé (voire même plus, les semaines où je n'ai pas besoin de penduler du tout) ;
  • La tranquilité : sans les collègues autour, il y a moins de dérangements intempestifs, ce qui est agréablement bienvenu lorsqu'on a besoin de se concentrer sur une tâche plusieurs heures de suite ;
  • Le désencombrement sur les trajets : je ne prends de place ni sur les routes, ni dans les transports publics ;
  • Les économies pour mes employeurs : je ne prends pas de place de bureau, ni ne coûte en électricité ou en matériel vu que j'utilise le mien ;
  • La satisfaction pour mes employeurs : comme l'a si bien dit la RevueDurable consacrée aux technologies de l'information et de la communication, "le télétravail diminue l'absentéisme (en particulier dû à la maladie), accroît le temps de travail et la productivité [...]" ;
  • L'implication locale : grâce aux heures flexibles et au temps de trajet économisé, j'ai pu participer au pédibus, fonder une association locale et reprendre l'organisation d'un événement annuel entre autres.

Ce dernier point n'est pas anodin. Au jour d'aujourd'hui où on constate une érosion des bonnes volontés locales ou l'augmentation de l'effet cité-dortoir, le fait d'avoir des personnes qui travaillent là où elles habitent permet de réinjecter des ressources humaines dans des quartiers ou des communes désertées pendant la journée. Quand je ne travaille pas pour un salaire, je travaille gratuitement pour la communauté... OK, OK, je suis workaholic, je l'avoue. Monsieur21 me soigne, mais c'est pas gagné.

Les fausses idées reçues du télétravail

  • Le télétravail, c'est écolo : non, si on profite du télétravail pour déménager plus loin des bureaux, et qu'on s'y rend ensuite en voiture, non seulement on pollue autant en trajet qu'avant, mais on risque aussi de contribuer à l'étalement urbain qui grignote sur la nature, dito la même RevueDurable ;
  • Le télétravail, ça me permet de travailler à n'importe quelle heure : non, les collègues ou les clients doivent savoir grosso modo quand ils peuvent vous atteindre pendant les heures de bureau, et il est illusoire de s'imaginer qu'on peut prendre congé plusieurs heures pendant l'après-midi régulièrement et les rattraper le soir ou le week-end car à la longue c'est épuisant ;
  • Le télétravail, ça devrait être généralisé partout : malheureusement, il y a des métiers où la présence sur le lieu de travail est nécessaire (infirmier, femme de ménage, ouvrière d'usine, caissier par ex.) ;
  • Le télétravail, ce n'est pas possible pour tel ou tel métier : au risque de me contredire en moins de deux phrases, je pense qu'il est néanmoins imaginable de s'organiser pour rassembler du travail "de paperasse" faisable à la maison, même en étant infirmière ou paysagiste, et de pouvoir rester une demi-journée ou une journée à la maison par semaine pour l'administratif, cela peut déjà faire toute la différence (par ex. en pouvant éviter une fois les heures de fort trafic en allant au bureau pour 13h30) ;
  • Le télétravail, ça devrait être accordé à tous : non, à mon humble avis, certaines personnes ne peuvent pas être mise en télétravail car il faut un minimum d'autonomie, de discipline, de débrouillardise, de sens des responsabilités.

Si un collaborateur ou une collaboratrice désordonnée, parfois en retard sur ses tâches, et nécessitant un "maternage" professionnel vous demande de passer en télétravail : patrons et patronnes, fuyez ! ou faites la sourde oreille. Ceci dit, un tel changement d'environnement peut créer des miracles et responsabiliser l'employé-e en question... Je conseillerais dans tous les cas un suivi rapproché pendant la période d'essai afin de vérifier que les termes du contrat soient respectés : si les tâches sont bien faites et rendues en temps et en heures, la confiance peut se bâtir sur les objectifs fixés et atteints.

Pour en savoir plus

Changement de caisse maladie pour la LAMal : la FRC ficelle un dossier complet

Les informatrices de la Fédération Romande des Consommateurs (FRC) sont formées continûment par leur responsable sur tous les sujets liés à la consommation. Le dernier colloque en date traitait du thème de saison de l'assurance obligatoire des soins (AOS) et du changement de caisse maladie correspondant.

Un dossier mirobolant extrêmement complet a été monté pour cette occasion : Modèles alternatifs, anges ou démons ?

Modèles alternatifs de l'assurance obligatoire des soins

J'aurais peu de choses à rajouter à ce dossier tant il est bien fait. Je pense qu'il sera très utile à tous pour changer de caisse et choisir le bon modèle alternatif si vous pouvez vous le permettre.

Certes, ces variantes de l'AOS coûtent moins cher, mais viennent avec leur lot de restrictions et contraintes (passer par son médecin de famille avant toute autre démarche, n'aller que dans certaines pharmacies-partenaires, téléphoner à un médecin-conseil avant de se rendre chez son docteur etc.). Ces dernières sont propres à chaque caisse maladie et à chaque modèle, et il vous faut doubler de vigilance dans la lecture des Conditions Générales d'Assurance qui les accompagnent. Les Condi...quoi ? Les CGA : ces espèces de longs textes que personne ne lit avant de signer un contrat quelconque.

Eh bien, soyez ébaubis : la FRC les a toutes lues pour vous, et en a fait des fiches-résumés qui vous permettent de voir en un clin d'oeil les dangers et souplesses du modèle alternatif qui vous intéresse. Ce travail titanesque est grâcieusement mis à disposition de toutes et tous, alors profitez !

Comparateurs de primes

Quand j'étais jeune et naïve, j'utilisais comparis.ch ou bonus.ch, persuadée qu'ils nous voulaient du bien en offrant un outil convivial pour choisir la caisse la meilleure marché pour nous. C'était avant d'entendre des rumeurs avérées de "chasse aux bons risques" (bon risque = une jeune personne faisant le choix d'une franchise maximale, et en généralement en bonne santé : en gros, vous payez vos primes et ne réclamez jamais rien comme remboursement), ou de "fuite du mauvais risque" (une vieille personne faisant le choix d'une franchise minimale, et croulant sous les maladies chroniques).

Comment cela fonctionne-t-il ? Si vous êtes un bon risque et que vous cherchez sur comparis la caisse la moins chère du marché, ce n'est pas forcément elle qui va apparaître en premier dans le classement : encore faut-il qu'elle ait payé comparis pour y figurer. Il existe donc une caisse moins chère, mais elle ne vous sera pas accessible par comparis. A l'inverse, si vous êtes un mauvais risque et que vous faites une recherche sur comparis, alors celle qui vous sera la plus avantageuse risque d'être invisible car elle aura payé comparis pour NE PAS apparaître dans le classement.

J'aime beaucoup l'explication officielle : "Les assurances ont certes un devoir d’admission, mais pas de devoir d’offre, a expliqué Richard Eisler, le fondateur de Comparis [...]".

Des comparateurs aussi biaisés et non exhaustifs, mieux vaut les fuir. Heureusement pour nous, des comparateurs indépendants et intègres existent, comme priminfo.ch, et je suis surprise que comparis.ch ose porter plainte contre priminfo.ch pour concurrence déloyale.

Notre système de santé : perfectible !

Selon l'ATS, seuls 12-15% des assurés changent de caisse chaque année. Personnellement, je suis un de ces fameux "bons" risques après lesquels les caisses maladies courent et elles peuvent encore courir longtemps : je ne suis jamais restée fidèle à une caisse plus d'une année je crois. Eh oui, je suis POUR la concurrence.

Et je suis POUR la caisse publique. C'est contradictoire ça ? Ben non. Quand on connaît les irrégularités que certains contrats de modèles alternatifs comportent (des clauses ayant des répercussions sur les assurances complémentaires prises dans la même caisse par ex. chez la CSS), ou quand il est notoire que M. Couchepin* - ex-conseiller fédéral - est un proche des dirigeants du Groupe Mutuel, ou encore quand _étrangement_ lors d'une année où le peuple est appelé à voter sur une initiative de caisse unique les primes n'augmentent pas autant que prévu... on peut légitimement se dire que l'anguille a bouffé la roche.

Mathieu Fleury, secrétaire général de la FRC, exprime bien mieux que moi ma propre opinion. J'ai pu l'entendre sur le sujet à la RSR récemment (Forum du 17.10.2011 "Système de santé suisse: bon mais peut mieux faire" vers 5'22'' ), et avec Monsieur21 nous sommes restés émerveillés par son éloquence.

A mon avis, la concurrence ne marche pas, certaines caisses trichent en mélangeant allègrement les conditions de l'assurance de base et complémentaires (voir notamment le Vigousse du 28.10.2011 "De clause à effet"), le lobby des assureurs est très influent... et comme le dit si bien M. Fleury, l'initiative de la caisse publique ne veut pas chambouler tout le système de santé suisse, mais juste la partie qui s'occupe de la perception des primes et du remboursement pour les prestations liées à l'AOS. Alors si vous ne l'avez pas encore fait : signez ! Et si vous avez oublié si vous l'avez déjà fait ou non : signez aussi !

Si vous n'êtes pas d'accord avec cette initiative, je serai curieuse de lire votre opinion.

* Nom connu de la rédaction

Démarche pour changer de caisse

  1. Comparer les primes sur priminfo.ch
  2. Choisir son modèle d'assurance, et si c'est un modèle alternatif, zieuter sa fiche
  3. Demander une offre, la remplir, la signer, l'envoyer
  4. Résilier son assurance actuelle avant le 30.11.2011 tout de suite par recommandé (en fait, depuis que la LAMal existe, je n'ai jamais envoyé de résilisation en recommandé, mais comme je le faisais assez tôt - genre fin octobre - j'avais amplement le temps de réagir si je ne recevais pas la confirmation de ma résiliation avant fin novembre).

Chez certaines caisses, il est possible de s'affilier en ligne et leur système génère automatiquement une lettre de résiliation qu'il suffit ensuite d'imprimer et signer avant d'envoyer. Vous pouvez aussi trouver un modèle de résilisation sur frc.ch.

Si vous êtes largué, vous pouvez simplement passer aux portes ouvertes organisées par la FRC pour accomplir ces opérations. Et c'est gratuit, même pour les non-membres !

  • FR : 2.11 de 14h à 15h30 et 11.11 de 9h à 11h au bureau conseil
  • NE: 1.11 de 13h-17h30 au bureau conseil
  • VD: 4 et 11.11 de 9h à 12h30 à la permanence
  • JU: 5.11 de 9h à 13h au bureau conseil
  • VS: 3 et 10.11 de 14h à 17h et 8.11 de 9h à 11h au bureau conseil
  • GE: 25.10 et 3, 8, 17.11 de 10h30 à 19h30, à la maison de famille, rue Goetz-Monin 10

La Fédération Romande des Consommateurs : mon association préférée

En cette année européenne du bénévolat, je me suis récemment dit que, à défaut d'être mon année entrepreneuriale, 2011 sera mon année bénévole.

Moi et mon FRC mag
Moi et mon FRC mag

Avant même que je sache qu'on fêtait le bénévolat, je me suis lancée à corps perdu dans la Fédération Romande des Consommateurs (FRC pour les intimes). Et là, je découvre un monde magique fait de tâches intéressantes, utiles et en adéquation avec mes valeurs. J'ai pu :

  • faire partie des testeurs Fourchette Verte qui quadrillent le Canton pour vérifier la qualité des assiettes servies sous ce label ;
  • organiser un stand d'information ;
  • entrer au comité de la section Vaud ;
  • me former en tant qu'informatrice à la Permanence de la FRC.

La Permanence de la FRC

La Permanence est une organisation extraordinaire peuplée de dames remarquables, nommées les "informatrices", qui vous répondent 5 jours par semaine à toutes vos questions sur la consommation. Ces informatrices chevronnées n'ont pas de diplôme en droit, mais comme elles pratiquent ce bénévolat depuis de longues années, elles en connaissent un bon bout. L''autre bout qui manquerait est apporté par la responsable de la Permanence, juriste de profession.

Si votre question donne du fil à retordre même à la juriste, une armada de spécialistes sont à disposition pour y répondre : faire le tour de la problématique de l'huile de palme, comment récupérer un vêtement délicat taché, sortir un comparatif des poudres à vaisselle pour machine, donner la marche à suivre pour changer de caisse maladie... etc. (Et là, c'est pas un etc-alibi,  j'ai vraiment plein d'autres exemples).

Et tout cela, GRATUITEMENT si vous êtes membre de la FRC ! Ne trouvez-vous pas cela merveilleux et n'avez-vous pas une urgente envie d'adhérer à cette honorable fédération ?

Les Enquêtes de la FRC

Il existe une autre possibilité de bénévolat à la FRC : devenir enquêteur ! PetitFrère21 s'est lancé dans l'aventure et il pourra peut-être nous faire part de ses impressions une fois que les résultats des enquêtes auxquelles il a participé seront rendus publics (d'ici là, tout est confidentiel).

En attendant, il est possible de se faire une idée avec les enquêtes passées : noter les prix des boissons sur les terrasses, celui des billets de cinéma, la provenance des filets de perche servis au restaurant ou encore la qualité des conseils lors d'un achat de chaussures de course dans une boutique de sport.

Les articles sur les enquêtes ne nous disent pas si les enquêteurs se sont régalés avec les chaussures de course ou s'ils ont pu repartir avec leurs filets de perche aux pieds. Dans tous les cas, j'ai récemment appris qu'il est possible de soumettre des thèmes d'enquête à la FRC : mieux que d'être dans les coulisses des enquêtes, vous pouvez en être l'instigateur !

Les Combats de la FRC

La FRC n'est attachée à aucun parti politique. Les thèmes abordés nous concernant tous, il n'est pas étonnant de voir du soutien provenir de tous les partis, même si on constate une concentration plus à gauche qu'à droite.

Pétitions, initiatives populaires, expositions et débat, la FRC ne fait pas que d'informer sur la consommation, elle agit ! Et parfois même avec une longueur d'avance : après les OGM, doit-on se méfier des nanos (de nanotechnologies, pas ceux de la M***) ? Une exposition fait le tour de la Romandie pour lancer le débat.

La structure de la FRC

Comme toute fédération, et ce ne sont pas les fans de Star Trek qui vont me contredire, la structure de la FRC est un peu compliquée : il y a les sections cantonales, le secrétariat central (SC), mais aussi des commissions internes, et des participations à des groupes de concertations externes. Mis à part le SC, tout fonctionne grâce aux bénévoles qui oeuvrent au sein de cette association à but non lucratif.

Chaque section cantonale a ses projets propres. Dans le Canton de Vaud, la FRC offre un service Conseil Budget pour les personnes qui ne sont pas au social mais qui ont par ex. de la peine à joindre les deux bouts. Gratuitement.

Différences avec Bon à Savoir

FRC versus BàS
FRC versus BàS

J'adore les tests. Et pas seulement les psycho-tests. C'est pourquoi, je suis abonnée à Bon à Savoir (BàS) également. Mais, c'est pas un peuf kif kif bourricot avec la FRC ? Eh ben non. L'un est rouge et l'autre est bleu...

Service juridique, permanence

La FRC, elle, a des bureaux conseils dans chaque canton romand où les membres et non-membres sont accueillis pour étudier et solutionner tous leurs soucis liés à la consommation (mieux vaut venir avec tous vos papiers, reçus, tickets, CGA, contrats : recto ET verso s'il y a).

En dehors des heures d'ouverture des bureaux conseils, la Permanence répond aux questions sous toutes ses formes, mais téléphonique de préférence. OK, ça, BàS le fait aussi pour les premiers conseils, mais la FRC va plus loin : elle étudie et accompagne également les cas compliqués voire désespérés ou urgents de membres ET non-membres (contre paiement pour ces derniers).

Différence de financement

Dans les bémols de la FRC, on pourra noter le coût de l'adhésion (deux fois plus cher que pour BàS). On touche du doigt une différence majeure entre les deux "concurrents" : le magazine de BàS contient de la pub (près de la moitié de ses pages dans certaines éditions) et la FRC pas du tout ! Et ce n'est pas une différence anodine, vu que ce sont certainement des dizaines de milliers de francs en plus qui permettent d'offrir un magazine pas cher, de faire une application iPad.

Cette absence de publicité garantit non seulement une indépendance totale de la FRC, mais je trouve qu'elle confirme surtout sa bataille pour un consomm'acteur informé et non manipulé par la publicité.

Or l'argent étant le nerf de la guerre, il est édifiant de savoir que BàS n'est qu'un magazine parmis d'autres d'une même société anonyme suisse allemande spécialisée dans la consommation : Konsumenteninfo AG, dont sa branche publicitaire ki media n'est pas peu fière du succès de ses deux magazines phares BàS et K-Tipp.

Bien plus qu'un magazine : une Fédération !

Avec mon laïus précédent sur les actions et la structure de la FRC, vous pouvez mieux saisir maintenant ma frustration-résignation pour tous ces gens qui confondent la FRC et BàS. OK, leurs magazines se ressemblent beaucoup. Mais l'une est une fédération âgée de plus de 50 ans avec un mensuel d'information, des combats et des actions. L'autre "juste" un magazine à but lucratif traitant de la consommation et ayant des moyens financiers incomparables. Sauf erreur, excepté la pétition du roaming dernièrement, il ne me semble pas que BàS n'ait entrepris d'autre action "politique" pour les consommateurs.

Marche à suivre

  1. Adhérez à la FRC
  2. Profitez de ses trésors réservés aux membres
  3. Appliquez les 10 règles d'or de la consomm'action
  4. Profitez de sa permanence pour tous vos soucis liés à la consommation
  5. Faites connaître la FRC autour de vous (= persuadez votre frère, concierge ou chauffeur de bus d'adhérer)
  6. Devenez bénévole dans votre section cantonale

Conférence sur la pollution intérieure, nous y serons.

Mardi 27 septembre 2011 à 20h00 à Romont, une conférence aura lieu sur la pollution intérieure. Sujet que nous avions déjà traité dans un précédent article de ce blog.

Un sujet qui nous concerne tous et qui m'intéresse particulièrement puisque nous vivons dans un appartement récent mais visiblement construit avec les matériaux les moins chers du marché et que nous passons souvent des vacances dans une vieille maison de campagne construite bien avant qu'on ne se soucie de la qualité de l'air. J'ai également hâte de poser des questions aux conférenciers sur mes armoires Ikea en bois aggloméré...

Bref, Madame21 et moi même y serons ! Si le sujet vous intéresse autant que nous ou si vous voulez juste voir nos têtes, dire bonjour ou faire un bec, venez également !

Plus d'infos et autres conférences: http://www.apglane.ch

 

Bio, local, équitable : choisir en connaissant ces labels

Avec la pléthore de labels parant les denrées alimentaires de nos étals suisses, je me sens souvent déconcertée de ne pas savoir que choisir lors de mes courses. C'est déjà un casse-tête quotidien que de déterminer le menu familial, le choix des ingrédients et leur qualité rajoute une couche de complexité qui décourage même les plus preux héros ordinaires (tel Monsieur21 par ex.). Pour épicer la chose, PetitFrère21 m'a rapporté le cas d'un ami qui était choqué de trouver des traces de pesticides dans sa laitue bio (c'était peut-être une patate ? ou une courgette molle, peu importe).

Bio Bourgeon, Migros Bio et Suisse garantiePour les fruits et légumes ou les produits bruts, c'est "facile" de s'en sortir avec le marché ou le paysan du coin qui fait de la vente directe ou encore les nombreuses coopératives de paniers de légumes locaux. Mais pour les produits transformés ?

Pour éclaircir les choses, voici quelques faits :

  • ce n'est pas parce que c'est bio que c'est sain, des chips bio restent malgré tout un aliment très gras
  • ce n'est pas parce que c'est bio que c'est exempt d'éléments "chimiques" (produits à base de cuivre par ex.), car une liste d'intrants (pesticides et engrais) autorisés est définie mais en sont exclus les produits de synthèse
  • ce n'est pas parce que c'est équitable que c'est sans traitement chimique, par ex. des bananes Max Haavelar peuvent très bien avoir été massivement traitées
  • ce n'est pas parce qu'il y a une petite croix blanche sur fond rouge que le produit est à base de matières premières 100% suisses ET est fabriqué/conditionné en Suisse

Alors ? Comment choisir ?

Heureusement pour nous, la FRC et le WWF ont évalué les différents labels et nous ont mâché la tâche en publiant un classement des plus crédibles aux plus folkloriques (très intéressant de zieuter le détail de l'évaluation pour chacun des labels - il faut cliquer sur le label, par ex. Bio Suisse est tout juste bon pour ce qui est du bien-être des animaux).

Pour notre part, nous achetons dans l'ordre suivant :

  • bio et suisse
  • suisse et de saison
  • bio européen
  • équitable
  • rien de tout ça, car quand on a une fringale de sucre et de chocolat en fin de soirée, on prend ce qu'il y a de disponible à la prochaine station service

Qu'est-ce qui nous pousserait à acheter dans une de ces catégories plutôt qu'une autre ? La disponibilité du produit, les besoins, l'humeur, le prix, et plein d'autres facteurs pas forcément rationnels.

Suisse, tout simplement !

A vrai dire, au vu de la qualité des produits suisses (non, je ne suis pas patriotique, je constate seulement), nous achetons souvent des denrées alimentaires locales avec le label IP-Suisse ou Suisse Garantie. Label Suisse Garantie

Voici un petit extrait de la foire aux questions de Suisse Garantie.

Les produits portant le label SUISSE GARANTIE doivent provenir d’exploitations respectant les directives PER signifiant : prestations écologiques requises. Les PER suisses, uniques au niveau mondial, considèrent le système écologique et les exploitations agricoles comme un tout. Elles comprennent les points suivants:

  • garde respectueuse des animaux
  • bilan de fumure équilibré
  • analyse régulière des sols
  • part équitable des surfaces de compensation écologique (haies, prairies, etc.)
  • rotation des cultures réglementée
  • relevés et contrôles obligatoires

La production respectueuse de l’environnement est aujourd’hui de règle en Suisse. Elle est une condition préalable à l’obtention des paiements directs de la Confédération. Plus de 98 pour cent des exploitations respectent les exigences des PER.

Ma question : mais qui c'est les 2% d'exploitants qui ne veulent pas des subventions de la Conf' ???

Ma réponse : ben euh, ceux qui n'avaient pas envie de lire les détails des spécifications PER... mais les apprentis agriculteurs les plus téméraires peuvent se baser sur un résumé des PER pour s'en sortir.

Bio, c'est mieux pour éviter l'effet cocktail

Ben voui, si votre porte-monnaie le permet, acheter bio, c'est mieux pour éviter l'effet cocktail des pesticides. Une émission d'ABE a traité ce sujet ce printemps (oui, j'ai commencé la rédaction de cet article ce printemps...) : je reste interloquée que cet effet n'a pas encore été étudié sérieusement. Sans déc, on est en 2011, non ? Selon Wikipedia, cela ferait plus de 80 ans que les pesticides de synthèse sont connus et utilisés dans l'agriculture.

Un petit extrait choc en guise de teaser (aguichage en bon français) :

La majorité des doses de résidus relevées dans l’enquête étaient certes en-dessous des valeurs limites maximales admises. Mais le problème n’est pas seulement là, comme nous le rappelle François Veillerette : « Ce qui nous interroge, ce sont les effets de ces cocktails-là à long terme, dans 5, 15 ou 20 ans.»

Jusqu’à présent, aucune autorité de surveillance n’a jamais analysé cet effet multiple chez l’homme. C’est sur la base d’études menées sur des rats de laboratoire, pour chaque pesticide séparément, que les limites maximales de résidus admises ont été fixées.

Aujourd’hui, enfin, une première étude a testé sur des cellules humaines l’effet cocktail des résidus de pesticides. Cette étude, en passe d’être publiée, dresse un constat alarmant.

Selon Claude Reiss, ex-directeur de recherche au CNRS et à l’Institut Jacques Monod l'effet cocktail démultiplie les effets toxiques de ces produits chimiques: «Vous avez une synergie entre ces pesticides qui fait qu’ils sont jusqu’à 100 x plus toxiques en mélange que pris de manière isolée.»

Miam !